Créer un site internet

Thème: Femme et Littérature africaine

TEXTE INTRODUCTIF PAR JOEL KOUAM

« Femme et littérature africaine » ! Tel est le thème qui fait l’objet de notre partage épistémologique en cette après-midi. Au moment de choisir ce thème, le Cercle Littéraire des Jeunes du Cameroun en abrégé CLIJEC, voulait mettre à nu quelques préoccupations relatives à la nature du rapport de la femme à la littérature, mais dans une circonscription purement africaine. A l’approche des festivités marquant la célébration de la journée mondiale de la femme, et mieux encore de « la féminité », le CLIJEC n’a pu que faire de son mieuxen mettant en évidence sa plume d’écrivain et par conséquent de littéraire. Et comme on a coutume de le dire, « la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a ».

La littérature peut être définie comme étant un ensemble d’œuvres écrites ou orales auxquelles on reconnait une valeur esthétique[1]. Elle est donc la transcription de la pensée en parole ou en écrit. Même si elle peut être de l’ordre du réel ou de l’imaginaire, elle s’inscrit dans un cadre spatio-temporel. Parler donc de littérature africaine reviendrai à mettre en exergue son déploiement dans le continent africain.Or l’Afrique se veut l’un des rares continents où l’image de la femme et sa dignité sont préservées. En d’autres termes, l’omniprésence de la femme dans la littérature africaine ou en Afrique, ne saurait être un hasard ou une pure coïncidence, mais au contraire une évidence, même si en matière de production littéraire, la gente masculine se voit beaucoup plus féconde que la féminine. C’est pourquoi selon Jacques Chevrier« peut-être est-il trop tôt pour parler d’écriture féminine »[2] en 1984.Mais le fait est là : dans la littérature africaine, la femme a réussi à se faire une place. Mais alors, qu’est ce qui caractérise fondamentalement cette présence de la femme dans cette littérature ?

D’un regard beaucoup plus subjectif, on note très souvent une idéalisation de la femme africaine par les écrivains africains. Si le corps féminin, dans la société traditionnelle africaine, est d’abord assigné à un rôle de procréation et à ce titre, régi par des normes sociales, est-ce à dire que cette présence féminine en littérature africaine n’est qu’une exaltation et une reconnaissance de la place de la femme du point de vue existentiel et même sapientiel ?Ce serait répondre avec Béatrice Rangira Gallimore que « C’est à travers le corps de la femme que la société se perpétue. Ainsi ce corps doit être façonné, contrôlé et marqué »[3].

Mieux encore, la plus-value de certaines figures féminines africaines dans la littérature ne saurait être omise. Comme le souligne Marina Ondo[4], la présence des écrivaines africaines aujourd’hui soulèvent toujours autant de polémique. Autrement dit, la littérature féminine africaine est-elle une expression féministe rachetant le statut de marginalisation d’infériorisation et d’inégalité de la femme, ou alors est-elle un simple moyen de penser la femme dans ce qui caractérise son univers personnel, son rapport avec elle-même, et sa conception du monde ?

Telles sont les préoccupations auxquelles nous nous confrontons au moment de mener une réflexion sur la question de la femme et la littérature africaine. Tout homme étant naturellement porté à la connaissance comme le stipulait déjà Aristote, nous espérons assouvir notre petitesse intellectuelle à l’aune des interventions des différents panélistes du jour. Pour cela quatre (04) orientations ont choisi :

  • D’abord
  • Par la suite
  • Puis
  • Enfin

 


[1]Selon le dictionnaire Larousse 2009

[2] Jacques Chevrier, La littérature nègre, Armand Colin, 1984, 1999, 2003 pour la présente édition, pp. 157.

[3] Béatrice RangiraGallimore« De l’aliénation à la réappropriation du corps chez les romancières de l’Afrique noire francophone », « Nouvelles écritures féminines 1. La parole aux femmes » in Notre Librairie, n°117, avril-juin 1994, p.55.

[4]Marina Ondo,L’écriture féminine dans le roman francophone d’Afrique noire, In « La revue des ressources », samedi 7 novembre 2009.file:///I:/femme/et/litterature, consulté le 05/03/2015

  • 12 votes. Moyenne 2.5 sur 5.
×