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A votre avis, les jeunes publient-ils un peu trop tôt aujourd'hui?

Les acteurs du monde littéraire africain francophone ne soutiennent pas, ou très peu, les jeunes auteurs, les contraignant à s'adresser massivement à des éditeurs étrangers, lesquels, il faut le dire, ne sont pas plus soucieux du développement de la culture littéraire africaine, qu'ils ne le sont du développement de leurs entreprises. Bien entendu, des exceptions, il y en a partout. Mais lorsqu'il s'agit de mettre la main sur elles, cela devient une véritable gageure.

 

Que se passe-t-il aujourd'hui dans la sphère littéraire africaine ?

Récemment, nous échangions avec un jeune auteur sénégalais originaire de Thiès, qui nous faisait savoir qu'il écrivait depuis plus de sept ans dans le plus grand silence. Et cela n'était pas dû à quelque timidité de sa part ou quelque manque de confiance en ses œuvres. Chaque nouvelle année, nous a-t-il révélé, il envoyait ses œuvres (romans et recueils de poésie) à des maisons d'éditions africaines. Et chaque nouvelle année, il en venait à la même conclusion : « l'édition en Afrique, c'est de la merde. » Si encore ces éditeurs se donnaient la peine, comme le font maladroitement leurs homologues français, d'envoyer la même sempiternelle lettre de refus, cela aurait été acceptable. Mais non ! Ces éditeurs préfèrent mieux nourrir l'espoir de l'auteur, et garder son œuvre là où il sera le moins utile, ce, pendant une durée indéfinie. Et pendant ce temps-là, cet auteur, se refusant de se laisser gagner par le désespoir, continue de croire, d'espérer voir son œuvre sortir au grand jour, enfin. Mais puisque même la foi a ses limites, il finit un jour par tirer un trait sur les maisons d'éditions africaines, les jugeant, non pas incompétentes – ce qui aurait supposé qu'elles essayent, mais font maladroitement leur travail – mais totalement inutiles, et avec raison, du reste.

Il est vrai que ce cas de figure n'est pas le seul, car des auteurs publiés par des maisons d'édition africaines, il en existe, bien que ceux-ci se raréfient d'année en année. Qu'arrive-t-il à ces nouveaux auteurs publiés, ceux-là qu'on qualifie avec les plus beaux superlatifs lorsque leurs œuvres sortent de l'ordinaire ? Rien du tout. Après la publication de leurs œuvres, ces jeunes auteurs sont tout simplement oubliés, les éditeurs préférant s'intéresser aux nouveaux nouveaux. Nous avons eu à échanger avec pas mal de jeunes auteurs victimes de cet abandon par leur éditeur. Et pourtant, ces auteurs sont fiers de dire qu'ils se sont faits publier, et fiers de montrer par quel éditeur ils l'ont été. Mais est-ce que l'éditeur en question est aussi fier de parler de ses auteurs ? Oui, bien entendu, quand ceux-ci se sont déjà fait un nom, soit de par leur fonction outre l'écriture, ou grâce à quelque concours de littérature remporté. Dans le cas contraire, ils n'intéressent pas, et leurs œuvres encore moins.

En Afrique, du moins en Afrique francophone, on ne fait malheureusement que la promotion des œuvres de grands auteurs. Les autres, pour ne pas dire les « petits auteurs », ceux-là qui n'ont pu se constituer un comité de lecteurs, sont tout simplement écartés. Mais l'on nous ressassera qu'il faut que les jeunes se mettent à écrire, qu'il faut qu'ils participent à la renaissance de la littérature africaine, qu'il faut qui reprennent le flambeau, qu'il faut, qu'il faut et cetera, et cetera. Flagorneries insipides, que nous dirons. Nous pourrions certainement nous tromper, mais quelle est cette maison d'édition africaine qui a songé à présenter son auteur, entendez un jeune et nouvel auteur, dans les médias afin que l’œuvre de celui-ci soit connue et vendue ? Depuis le temps que nous entendons parler de nouveaux auteurs, jamais encore nous en avons vu invités sur un plateau-télé afin de présenter leurs ouvrages. Si cela s'est fait, cela a certainement dû être l'initiative de l'auteur en question, et non une proposition de son éditeur. Méjugés dans leurs propres pays, sur leur propre continent, les jeunes auteurs africains francophones n'ont d'autres choix que de se tourner vers les éditeurs étrangers, français en particulier, lesquels font des offres toujours plus alléchantes que leurs homologues africains. D'ailleurs, même sans ces offres, ces éditeurs français seraient forcément meilleurs, vu qu'ils savent au moins envoyer des lettres de refus, quoi qu'elles soient aussi dénuées d'objectivité que leurs louanges aux œuvres retenues.

 

CRI DE GUERRE DE MARKUS DAR WRITER, JEUNE BLOGGEUR ET ECRIVAIN

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