CAMEROUN: Festival du Contes Minkana - Le CLIJEC rencontre le promoteur Arthur Angong Ze

Plumencre minkana

Bonjour Arthur. Présentez-vous à nos lecteurs et internautes.

Bonjour. Pas toujours très facile de parler de soi-même. Je m’appelle Angong Ze Arthur dit Azazou. Je suis originaire du Centre-Cameroun dans l’arrondissement d’AYOS. Mon village s’appelle Nymvoudouvou  et c’est pendant les vacances que je me suis entiché de l’oralité grâce aux oncles et cousins qui nous racontaient des contes avec une dose de suspenses qui vous assassinent à petit feu. Je suis un artiste pluridisciplinaire comédien, conteur, danseur et chanteur. Je suis diplômé en Sociologie et Promoteur du festival du conte MINKANA depuis 2014.

Le Festival de conte « MINKANA » a livré sa deuxième édition, il  y a quelques jours dans votre pays. C’est quoi la genèse du nom de baptême « MINKANA » ?

Sortant du Togo où j’ai vu le conte célébré par tous, j’ai eu l’envie et l’audace de créer ce festival au Cameroun. Automatiquement le nom MINKANA m’est venu en esprit car ce nom est proche de mes racines et j’ai voulu partager cette joie d’être ce que je suis. MINKANA est un nom original qui signifie en Yebekolo, l’oralité (conte, légendes, fables…). Je me réjouis d’avoir utilisé ce nom le premier, pour baptiser le festival.

Inédit pourtant ! Quelle était la nécessité de créer un festival du conte, au milieu des nombreux festivals au Cameroun ; de musique, poésie notamment?

La deuxième édition du Festival International du Conte « Minkana » s’est tenue à Yaoundé il y a quelques jours. Dans les coulisses, nous sommes allés à la rencontre du Promoteur de cette initiative louable, le jeune Arthur Angong Ze

J’adore l’innovation. Je suis très très audacieux. Je me considère comme un artiste et promoteur iconoclaste et anticonformiste qui déteste la monotonie comme la peste. Je voulais faire quelque chose de nouveau où les festivals de musique, cinéma, danse, théâtre, poésie, etc.  surabondent. Je voulais juste innover et surtout redorer le blason du conte qui a  perdu de sa pesanteur au Cameroun.

Pour cette édition, vous avez transformé les dix mots de la Francophonie en un conte. Parlez-nous de cette expérience ? Comment elle s’est faite ?

J’ai eu l’idée avec Stéphanie Schneider, Directrice artistique adjointe de MINKANA de transformer les dix mots de la francophonie 2016, en dix contes pour créer le grand spectacle inédit « Dis-moi dix contes » qui a d’ailleurs clôturé le festival. On voulait apporter du nouveau à cette édition et l’expérience fût très riche. Nous avons créé le spectacle en six jours seulement  et avec koffi Attidokpo du  Togo, Clair Arthur de France, Stéphane Alima, Mengue Myriam et moi-même du Cameroun. Nous avons partagé nos atouts et nos échanges pour construire ce spectacle basé sur la trame de Kulu La Tortue Et Ngoe Le Porc qui devait plus tard être entrecoupé de 9 autres petits contes.

Comment se porte le conte au Cameroun ? Et quel pourrait être son destin dans les prochaines années ?

Le conte patine encore  au Cameroun… Aucune organisation, ni association de conteurs. Mais les conteurs actuels sont en train de faire un travail énorme pour donner vie à cet art pas toujours très connu de tous. Le conte a bien l’avenir au Cameroun et c’est pour cela que le festival MINKANA vise à être de plus en plus proche des profanes afin de leur faire découvrir la chose.

Vous avez fait venir plusieurs conteurs professionnels. De France, du Togo entre autres. Pouvons-nous déjà parler de Festival International MINKANA ?

Naturellement et rien à faire… MINKANA est devenu le premier festival International du conte au Cameroun et c’est une première victoire et ça, grâce à Dieu et aux efforts que nous fournissons au sein de l’association MINKANA, constituée de jeunes très dynamiques et passionnés.

Une de vos cibles privilégiées est la Jeunesse. Vous avez d’ailleurs organisé lors cette semaine du festival, des ateliers du conte avec ceux-ci dans plusieurs établissements de la capitale. Est-elle réceptive ? Et comment les avez-vous trouvé sur le terrain ?

La tournée scolaire était très émouvante. Les élèves au  Flamboyant à l’école et au Lycée Fustel étaient très réceptifs et posaient des questions très pertinentes. Chaque classe avait une particularité car il fallait adapter le spectacle selon la classe et la tranche d’âge et c’était magnifique.

Quels sont les vrais problèmes du conte au Cameroun ? En Afrique ?

L’Afrique est en proie au modernisme aveuglant qui entraine par ces dérives tout, vers  le précipice car les Camerounais comme presque partout en Afrique se détachent de plus en plus de leur racine ce qui rend notre tache de conteur et de  promoteur culturel difficile car il faut recommencer à éduquer la camerounaise raison pour lequel nous avons joué  dans les écoles  car les enfants sont à la base de la socialisation. Et en plus les mécènes ; les sponsors et décideurs nationaux ne trouvent pas trop d’intérêt  à soutenir le conte. Cette deuxième édition de MINKANA a permis grâce à nos partenaires Ifc Cameroun ; Société Générale et Orange montré que le conte mérite d’être soutenu. Mais ‘est à nous de convaincre nos institution de nous soutenir de part notre professionnalisme et c’est véritable combat.

On imagine que même en vous reposant, vous pensez déjà à l’édition prochaine. Quelles seront ses innovations et prouesses ?

Nous vous donnons rendez en 2017, si Dieu le veut bien. Avec pleines de surprises. Tout ce que je peux dire c’est que nous serons de plus en plus proches du public. Je remercie le ciel, tous nos partenaires : Institut français du Cameroun qui fût le sponsor officiel de cette deuxième édition, Stéphanie Schneider, les conteurs et mon équipe pour tout engagement. Et enfin, à vous, « CLIJEC, le Mag’ » de m’avoir accordé cette tribune. Merci.

 

Article publié en Mars 2016 - Magazine littéraire "CLIJEC, le Mag" - Propos recueillis par Ulrich Talla W.

Cliquez ici clijec bande site web

×