Patrick Modiano, Prix Nobel de Littérature

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Patrick Modiano, né le 30 juillet 1945 à Boulogne-Billancourt, est un écrivain français, auteur d’une trentaine de romans primés par de nombreux prix prestigieux parmi lesquels le Grand prix du roman de l'Académie française et le prix Goncourt. Il vient d'être lauréat du Prix Nobel de la Littérature. Importante distinction mondiale.

 

Depuis son premier roman, La Place de l’étoile, en 1968, Patrick Modiano, a signé plus de trente ouvrages. Mais pour brouiller les pistes, l’auteur, qui s’est vu décerner jeudi 9 octobre le prix Nobel de littérature 2014, assure qu’il écrit toujours le même livre, à quelques variations près. Par où commencer ? Cinq suggestions. 

Dora Bruder (1997). Si vous ne devez en lire qu’un, choisissez celui-là. Le plus poignant, le plus fort de toute l’œuvre de Patrick Modiano. A partir d’une petite annonce trouvée dans un Paris-Soir de 1941, l’écrivain se lance sur les traces d’une jeune fille juive, une fugueuse disparue dans la nuit noire de l’Occupation. A travers cette enquête, Modiano cherche Dora, mais aussi son propre père, qui se cachait également dans le Paris de cette époque. Absolument magnifique, même s’il ne s’agit pas d’un roman. 

Rue des boutiques obscures (1978). Prix Goncourt 1978, ce roman est l’un des plus connus de l’auteur. C’est aussi l’un de ses meilleurs. Le « détective » Modiano y est à son sommet. Il passe d’un témoin à un autre, fouille dans les bottins à la recherche d’un nom, explore de fausses pistes. Guy, cet amnésique à la recherche de son passé, finit par retrouver une identité et une histoire – mais sont-ce vraiment les siennes ? A noter, contrairement à bien d’autres titres de Modiano, que celui-ci ne concerne pas Paris : c’est à Rome que se trouve la rue des Boutiques obscures. 

Livret de famille (1977). Une quinzaine de récits juxtaposés, tous plus ou moins autobiographiques. Dès le deuxième, on découvre au détour de deux répliques que le narrateur a pour nom Modiano, et pour prénom Patrick. Est-ce pour autant l’écrivain lui-même ? Bienvenue au royaume de l’autofiction et de ses leurres délicieusement troublants.

Remise de peine (1988). Ce récit court autour de deux enfants abandonnés par leurs parents entre des mains peu recommandables a des faux airs de conte de fées. C’est avant tout un très émouvant tombeau à la mémoire de Rudy, le petit frère de Patrick Modiano, mort quand ce dernier avait onze ans. L’écrivain a repris cet épisode vécu dans son nouveau roman paru le 2 octobre, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier. Cette fois-ci, il en fait la base d’une sorte de roman policier un peu oppressant, dont son frère est effacé.

Un Pedigree (2005). Ce livre restera sans doute dans l’histoire de la littérature. Après s’être longtemps abrité derrière la fiction puis l’autofiction, Modiano finit par écrire une autobiographie… très atypique. Au terme d’un dédoublement de personnalité, l’auteur adulte y raconte son enfance et son adolescence avec une terrible sécheresse, comme s’il s’agissait de celles d’un autre. Une sorte d’hétéro-autobiographie. Au passage, ce texte majeur constitue un trousseau de clés permettant de décrypter tous les autres livres de Modiano, en repérant la part biographique qui se niche dans chacun.

En prime, un sixième livre :

Catherine Certitude (1988). Un délicieux livre pour enfants, très joliment illustré par Sempé. Toute l’atmosphère et le style de Modiano en 96 pages faciles à lire. Une excellente façon d’entrer dans son œuvre « dès 9 ans ».

©Denis Cosnard

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