« J’invite les jeunes à s’adonner à la lecture et à l’écriture parce que le développement passera par nous » Priscille Ngongang Djamfa

Priscille_CLIJEC © CLIJEC 2016 - Priscille Ngongang Djamfa lors de la remise des Prix le 06 Février 2016 - Yaoundé

Bonjour Mlle. Priscille Ngongang
et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Vous êtes l’un des lauréats du « KAMEROON Festi-jeunesse de Poésie » qui a été récemment organisé au Cameroun. S’il fallait vous présenter brièvement à nos lecteurs et internautes, que diriez-vous ?

Bonjour et merci à vous aussi. Je dirais que je suis une jeune camerounaise âgée de 19 ans, étudiante en Édition et arts graphiques à l’ESSTIC. Je suis passionnée de lecture et d’écriture. C’est cette passion qui me guide tous les jours dans mes ambitions de donner du volume à notre patrimoine culturel d’où ma formation en Édition.

Quelles ont été vos impressions et/ou émotions après la décision du Jury de cette année, vous annonçant, première ?

L’annonce des résultats fut une décharge émotionnelle pour moi étant donné je participais à ce concours avec un peu de réticence. Dans la mesure où nous connaissons tous les concours camerounais où « les gagnants sont connus même bien avant le lancement du concours ». J’étais très contente de constater que le talent prime toujours dans mon pays ainsi que la transparence dans les compétitions.

S’il vous fallait chère Priscille, donner à votre sens, une définition de la « poésie », que proposeriez-vous ?

La poésie pour moi représente un canal de transmission des ressentis de manière retenue avec à l’appui la beauté et la puissance des mots qui ne sont pas sollicités de manière fortuite.

Votre texte a été spécialement retenu pour sa richesse stylistique et son attrait imagé, selon les membres du Jury. Pour une jeune, quelle réponse donneriez-vous à toutes les personnes qui mystifient de plus en plus ce genre littéraire ?

Je leur dirais tout simplement en évitant toutefois de me mettre dans la peau d’une donneuse de leçon que la poésie occupe une place de choix au sein du monde littéraire. En effet, elle repose sur cette capacité que l’homme a de promener jusque dans son for intérieur tous ceux qui voudraient bien le suivre. Dans l’autre sens elle traduit aussi pour le lecteur un sentiment de prise en compte et une source d’apaisement de l’âme.

Avez-vous un amour singulier pour la lecture ? Si oui, que lisez-vous ? Combien de livres, lisez-vous par semaine ?

Oui, j’ai un amour singulier pour la lecture. En fonction du volume du livre, il m’arrive d’en lire plusieurs par semaine et peut-être un autre en deux semaines. Le nombre varie.

Que pensez-vous de la « lecture des jeunes », tout autour de vous, quotidiennement ?

L’environnement nous oblige à penser que les jeunes camerounais ne lisent pas parce que occupés à autre chose. Je porte un regard très singulier sur cette affirmation parce que je la trouve gratuite. Les jeunes camerounais lisent bel et bien sauf que la généralisation nous pousse à croire le contraire. Il suffirait de recenser le nombre de clubs de lecture et aussi, lire ne stipule pas exclusivement le livre, il s’agit aussi des autres supports : télévisions, jeux vidéo, manuels d’utilisations, etc. Ceci peut s’avérer banal mais à chacun son centre d’intérêt. Quand bien même ces jeunes ne liront pas, quel contenu leur est proposé ? Nous savons tous que les politiques des maisons d’édition locales sont axées essentiellement sur le manuel scolaire.

Deux ou trois grands noms de la poésie camerounaise (ou africaine) que vous connaissez…Qu’est-ce qui les distingue des autres ?

Fernando d’Almeida, Patrice Kayo et Jean Claude Awono sont mes poètes camerounais préférés pour leur style et la portée de leur message. Ils sont d’une simplicité compliquée à nul autre pareil. Vu que je suis d’instruction anglaise, mes poètes africains sont Augustino Neto et Wole Soyinka pour le sublime qu’ils apportaient à la souffrance en réduisant son impact psychologique et même psychique.

Avez-vous des idoles parmi la grande famille littéraire africaine ? Si oui, lesquels ?

Mon auteur africain préféré, excusez la répétition est Wole Soyinka. Ses écrits me transportent à chaque fois et il crée en moi en permanence une inquiétude à laquelle je dois trouver une solution. C’est cette quête permanente des solutions qui me fascine parce que ces solutions semblent si loin pourtant si proches.

Songez-vous souvent à faire une carrière dans l’écriture ? Pourquoi ?

Je dois avouer que j’y ai toujours songé sauf que j’ai toujours écrit pour le plaisir ; j’avais peur d’extérioriser mes ressentis. A présent j’aperçois plus clairement les contours de cette profession qui semblent plutôt intéressants.

Quelles sont vos rêves et souhaits Mlle Priscille Ngongang, lauréate N°1, du concours de poésie « KAMEROON Festi-jeunesse de Poésie » ?

J’ambitionne contribuer à la construction de notre patrimoine culturel à travers mes écrits et mes efforts (édition). Je souhaiterais que ces initiatives soient encouragées et que tous ceux qui ont envie de s’exprimer à travers l’écriture le fassent en toute sérénité.

Un dernier mot à l’endroit de nos internautes et lecteurs ?

J’invite de prime abord les organismes fédérateurs dans le cadre de la littérature et pourquoi pas des autres secteurs, à apporter un soutien à la littérature camerounaise et aux initiatives jeunes tournées dans cette direction. Ensuite j’invite les jeunes à s’adonner à la lecture et à l’écriture parce que le développement passera par nous.

 

Propos recueillis par: Ulrich Talla Wamba, pour "CLIJEC, le Mag' - N°005 Février 2016"

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